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Rencontre d’un Punk

Je n’aime pas les escaliers en métal

Scarlett avance prudemment sur la poutrelle métallique, atteignant finalement le toit d’un imposant bâtiment.
Elle force silencieusement une petite porte dissimulée dans un coin. À travers cette ouverture, un escalier en colimaçon se révèle à elle. La lumière filtrée pénètre timidement par les grilles de ventilation éparpillées le long des marches, créant des zones d’ombre mystérieuses dans cette structure abandonnée.

Elle descend les escaliers en essayant de réduire le grincement des marches sous son poids. Lorsqu’elle atteint le bas, elle pousse une autre porte, qui s’ouvre sur un vaste gymnase couvert. La lumière tamisée tombe des grandes baies vitrées inaccessibles, projetant des rayons vacillants dans cet espace montrant une lutte sans merci. Des tapis d’entraînement jonchés de traces noirâtres et des équipements de gymnastique renversés témoignent de cette affolement.

La survivante traverse silencieusement la salle et franchit une autre porte, pénétrant ainsi dans une pièce adjacente. Au centre de la salle, une équipe de basket-ball est figée dans une posture de sommeil, comme des statues de marbre. Elle sent une légère brise provenant des interstices des fenêtres brisées, faisant virevolter quelques feuilles mortes sur le sol. Elle ne dit rien et recule lentement.

Soudain une feuille morte craque sous ses pieds. Les visages livides couvert de moisissure se tournent vers elle.
Elle bondit par une ouverture et se retrouve à nouveau confrontée à la réalité de la zone industrielle dévastée. Les basketteurs zombies, attirés par son intrusion la poursuivre avec une rage étonnante.

Dans un bruit pétaradant, de l’angle de la rue surgit une moto rugissante avec puissance. Son conducteur est un homme arborant un tatouage audacieux sur son visage, et sa tenue punk agrémentée de piercings rappelle l’esprit des rebelles britanniques des années 80.

D’un geste assuré, il tend la main à Scarlett, lui offrant une issue d’évasion. Sans hésiter, elle saisit sa main et monte à l’arrière de la moto. Alors que le moteur vrombit, ils s’élancent, échappant de justesse aux basketteurs zombies, qui s’estompent rapidement dans le rétroviseur, témoins impuissants de leur fuite.

Christie ©2022 tous droits reservés

Ils roulent à travers la zone industrielle dévastée. Le paysage qui s’étend devant eux est un spectacle déchirant. Les bâtiments autrefois prospères sont désormais réduits à des carcasses calcinées, dégageant une aura d’abandon et de désolation. Les rues autrefois animées sont maintenant jonchées de débris et de décombres. Les panneaux publicitaires déchirés témoignent d’une époque révolue, alors que les flammes continuent de lécher les structures en ruine.
Les zombies hagards errent sans but dans les rues, leurs regards vitreux et leur démarche saccadée témoignant de la malédiction qui les a transformés. Leurs membres décharnés se balancent dans une danse macabre, cherchant sans relâche leur prochaine proie. Leurs lamentations inhumaines résonnent dans l’air, couvert par le bruit de la moto filant à toute allure.
Les incendies font rage dans certains secteurs, projetant des colonnes de fumée noire qui se mêlent aux nuages sombres qui planent au-dessus.

Christie ©2022 tous droits reservés

Dans ce paysage apocalyptique, des groupes de survivants tentent de fuir le chaos. Leurs visages marqués par la fatigue et la peur témoignent des horreurs qu’ils ont traversées. Certains portent des sacs chargés de biens essentiels, d’autres se tiennent la main, cherchant un semblant de réconfort et de solidarité dans cet océan de destruction. Ils regardent la moto avec curiosité et espoir mais le motard continue sa route, évitant tous les débris et les cadavres.
Les cris lointains et les échos de combats sporadiques se font entendre, signe que des conflits éclatent entre les groupes désespérés qui luttent pour leur survie. La tension est palpable dans l’air, et l’odeur de la mort flotte à peine couverte par les gaz d’échappement.

Le paysage se transforme peu à peu, laissant place à une atmosphère plus paisible et bucolique. Quelques fermes isolées parsèment la campagne, témoignant de la vie passé. Ils empruntent des petites routes sinueuses et des chemins vicinaux, évitant soigneusement les zones plus denses où les horreurs les rattraperaient.
Lorsqu’ils parviennent au sommet d’une colline, Scarlett jette un regard en arrière et aperçoit au loin la zone industrielle qu’ils viennent de quitter, une vision chaotique de bâtiments en flammes et de dévastation. Le ciel au-dessus est assombri par d’imposants nuages noirs, présageant des orages imminents, comme si la colère de la nature elle-même reflétait la désolation qui règne sur terre.
Le punk anglais enlève lentement son casque, révélant un visage marqué par les épreuves et les cicatrices. Son regard vitreux et lointain traduit une lassitude profonde, comme s’il avait contemplé trop d’horreurs dans ce monde déchu. Son visage est orné d’un tatouage réaliste, qui semble délibérément dissimuler une brûlure ou une malformation. Les traits sombres tracés avec précision témoignent de son désir de masquer une partie de son passé tourmenté.
Les yeux fatigués du punk scrutent l’horizon dévasté, comme s’il cherchait désespérément un signe d’espoir au milieu de cette désolation. Les souvenirs de douleur et de perte se reflètent dans ses prunelles, tandis qu’il se prépare à partager son chemin avec Scarlett.

Christie ©2022 tous droits reservés

“Ben voilà, t’es sauvée, évite les villes”, déclare-t-il d’une voix rauque, empreinte d’une amertume perceptible. Il exprime une inquiétude sincère, lui dressant un rapide bilan de la dangerosité des zones urbaines où la menace des zombies et des autres survivants désespérés est omniprésente.
Lorsque Scarlett lui demande où il se dirige, le punk anglais laisse échapper un soupire las, comme s’il portait le poids du monde sur ses épaules fatiguées.
« Je vais rejoindre mon groupe, on est une bande de Punks anglais », explique-t-il d’une voix chargée d’une certaine nostalgie.
« On survit, mais on a dans l’idée de rejoindre le sud. Pour le moment, on se dirige vers la Bretagne à moto. Mais bientôt, il va falloir marcher. Je cherchais de l’essence. J’ai trouvé que ce jerrican à moitié vide. »
Scarlett partage son récit avec le punk, décrivant les épreuves qu’elle a endurées et les pertes qu’elle a subies. Son histoire résonne avec une mélancolie partagée, car ils ont tous deux été ébranlés par un monde qui a sombré rapidement dans le chaos et la désolation.
Face à cette rencontre inattendue, l’homme qui se présente comme Ben demande à Scarlett si elle souhaite les accompagner. Son regard, empreint d’une profonde empathie, montre qu’il comprend la solitude et la vulnérabilité que peut engendrer cette existence solitaire. Scarlett saisit cette opportunité de trouver un semblant de sécurité et d’espoir en compagnie de ce groupe de survivants.
Dans cet instant de décision, Scarlett accepte l’offre de Ben, consciente que leur alliance est une lueur d’espoir dans ce monde en ruines. Ensemble, ils s’engagent sur cette route incertaine, cherchant un avenir meilleur au-delà des frontières de la désolation.

Christie ©2022 tous droits réservés

Les zombies à Smartphone

J’ai soif

Scarlett, assoiffée, médite sur ses deux premières règles de survie et décide d’en créer une troisième :

3em règle : Trouve de l’eau avant tout.

Marchant sur les terrasses des entrepôts, elle perçoit soudain des grognements derrière elle.
Un zombie solitaire lui donnent la chasse, un anciens membre du personnel d’entretien avec des clés à molette dépassant d’une sacoche en cuir.
Parvenant à se hisser sur une structure en acier, elle l’observe tandis qu’il tente vainement de l’atteindre.
Heureusement, cette pandémie semble altérer les facultés cérébrales des zombies.
Ils ne sont pas particulièrement futés.

Une clef à molette c’est bien

Armée d’un tuyau, elle se débarrasse de lui assénant de puissants coups.
Elle récupère immédiatement les deux clés à molette.
Parvenant au bout d’une terrasse, elle tente de la franchir en plaçant une poutrelle d’acier.
Même si cela nécessite quelques acrobaties, elle apprécie les toits qui offrent moins de risques de rencontrer des zombies.
Justement, alors qu’elle pousse la poutrelle métallique, elle aperçoit en contrebas un groupe d’une dizaine d’entre eux.

Des Zombies Zombifiés !

Arborant des smartphones dans leurs mains, ils semblent fascinés par ces appareils.
Scarlett a constaté que le réseau n’existe plus depuis longtemps.
Le seul signal encore en activité doit émaner de cette station de télévision toujours occupée par le journaliste misanthrope.
Elle observe les zombies passer sous elle, absorbés par leurs appareils inanimés. Elle prend conscience qu’il y a peu de différence avec le monde d’avant.

La fin avait commencée depuis longtemps…

Il n’était pas rare de croiser ces sortes de zombies autrefois dans les rues, des couples, des solitaires avançant sans prêter attention à leur environnement, sans parler aux autres, plongés dans leur vision de la machine.
On en voyait même parfois lors de concerts, vivant l’expérience de manière détachée.
Le téléphone était devenu une extension de leurs yeux, dégainé à chaque événement pour continuer à exister dans un monde virtuel.
Leur monde mort.

Finalement, peu de choses avaient réellement changé.

Ils étaient zombies avant, zombies maintenant.

Fuite sur les toits

Je ne suis pas un cobaye !

Affamée et assoiffée, Scarlett n’a rien mangé ni bu depuis des jours.
Xitor lui tend un verre d’eau et annonce qu’il va lui faire une injection, mais elle se méfie et demande ce qu’il compte lui injecter.
Xitor lance avec colère :
Vous m’aviez promis de coopérer, je partage mes vivres mais vous devez m’aider !”

Elle se dégage mais Xitor tente de la rattraper pour lui planter l’aiguille.
Dans leur lutte, il perd l’équilibre et tombe sur sa propre seringue, mettant fin à toute possibilité de savoir ce qu’il avait l’intention de faire.
À ce moment, le chat enfermé dans la cage se réveille, les yeux injectés de sang. Il se libère et se jette sur Xitor.

Votre chat n’a pas l’air de vous aimer !

Scarlett rejoint la terrasse poursuivit par Xitor surmonté du chat qui lui lacère le visage.
Soudain Xitor se met à convulser violemment. Son corps se tord dans des positions impossibles, faisant entendre des craquements sinistres provenant de sa colonne vertébrale.

Dans la bataille chaotique qui s’ensuit, Xitor bouscule Scarlett qui chute.
Elle atterrit sur les bâches d’une autre terrasse en contrebas.
Elle jette un dernier regard au toit de l’entrepôt d’où proviennent des bruits de rage, qui finissent par s’estomper dans un silence pesant.

Ne restons pas là !

Glissant agilement de toit en toit, elle aperçoit deux individus dans une ruelle en contrebas. Ils portent de lourds sacs à dos et poussent un chariot rempli de vivres.
Leur fardeau semble extrêmement pesant.
Ils se dirigent droit vers un groupe de zombies, situé à l’angle du bâtiment.

Elle a l’idée d’effrayer un groupe d’oiseaux pour attirer leur attention sans crier, mais les deux survivants la regardent sans comprendre.
Elle leur fait signe du danger imminent, mais il est trop tard.

Les zombies atteignent l’angle et se précipitent sur eux.

Les deux individus sont ralentis par leur chargement. L’un d’eux finit par abandonner le chariot, mais le sac à dos l’entrave toujours.

Barrez-vous !

Alors qu’ils tentent de se débarrasser de leurs sacs, les zombies continuent de gagner du terrain.

Elle observe impuissante la scène qui se déroule devant elle. Les monstres rattrapent les deux fugitifs encombrées.
Ils meurent sous un amas de chairs putrides.

C’est à ce moment que Scarlett formule sa deuxième règle de survie :

2) Voyager léger

Sur les toits au dessus des déchets

Une pandémie cérébrale…

Scarlett murmure :

« Je pense que si quelqu’un est au courant de tout cela, c’est bien ce journaliste »

Xitor rétorque d’un ton sombre :

« Leander Vénald, cet imbécile vous croyez ?»

Ils quittent la terrasse balayée par un vent chaud afin de rejoindre le refuge de Xitor.
Il branche le petit poste qui s’allume lentement, affichant une image d’un réduit.
Un son de flûte s’échappe de l’écran, brusquement le journaliste apparaît déformé par le grand angle de la caméra, tenant une flûte d’écolier.
D’une voix lente altérée par l’alcool le journalise lance  :

« C’est tout ce dont je me souviens, c’est ce que me chantait ma maman.
MA MAMAN, ouais, même un type comme moi ça a une mère…
 »

Il a l’air complètement fait…

Une pause s’installe. Puis le journaliste à la télévision reprend :

« Quand je disais que je regrettais l’ancien monde, je ne sais pas, vous avez eu ce que vous méritiez bande de Crassmorg ! »

On voit l’homme tomber hors du champ.

« Mes amis, ceux que j’aime… Pensez à ce que je vous ai déjà dit. Vous savez de quoi vous devez vous méfier !
Je ne peux pas le dire à l’antenne, j’ai pas envie d’aider toute cette masse grouillante d’imbéciles. »

« ET OUI, les autres imbéciles, je parle de vous ! Vous n’aviez qu’à aller à l’école, bande de décérébrés.
Être zombie sera juste une promotion pour vous»

Il se met à rire puis semble uriner dans un coin du réduit.

Xitor baisse le son de la télévision et conclu :

« On va s’épargner ces élucubrations. »

Ce type est au courant pour les Zombies…

Scarlett suggère que ce journaliste sait comment éviter d’être contaminé.

Xitor explique que la télévision appartient au groupe Mochenausé, qui contrôle toute la ligne éditoriale et dicte au gouvernement.

Selon Xitor, le président Macrus Poutinov est largement impliqué dans cette affaire, un parti de jeunes fanatiques issus de familles aisées, les fils et filles de gros industriels qui œuvrent dans l’ombre pour transformer ce qu’il reste de notre démocratie en ploutocratie.

Tiens, prend ça dans la tronche !

Plus personne n’ose manifester de peur de perdre les yeux sous les flash-balls de 13e génération, munis de déflagrants neuro-pacificateurs

Scarlet raconte qu’elle a été agressée par ces Macrunistes qui lui ont volé sa péniche, une chance car la péniche a fini échouée sur un quai remplie de zombies.

Elle demande à Xitor s’il sait où se trouvent les studios de télévision.

Il répond que c’est une tour, une sorte de bâtiment cylindrique dans la zone en périphérie de la capitale.

Scarlett lui propose d’aller là bas. D’essayer de trouver ce type.

Soudain elle a un malaise et écroule par terre.

Le neurologue à souris

Mieux vaux ne pas rester ici…

Une cordelette lui parvient, elle s’en saisit et remonte la gaine.
Un homme coiffé d’un chapeau lui tend la main.

“Bonjour, je suis Xitor.”

“On dirait le méchant de Superman, c’est quoi ce nom pourri ?”


“C’est le nom que j’ai choisi pour ce nouveau monde ma grande.”


“Le nouveau monde ?”


“Bah…oui, un monde plein de gens contaminés”
répond-t-il désabusé.

Vous voulez parler de ces quelques Zombies ?” ironise-t-elle.
Il rétorque :
“C’est ce journaliste qui a lancé le mot zombie….
Je préfère parler de pandémie cérébrale car techniquement ces gens ne sont pas des morts”

Elle comprend qu’il parle du journaliste qu’elle a vu précédemment.

Ce type à l’air de travailler du chapeau…

Xitor raconte qu’il est neurologue.

“Cela sert à quelque chose pour survivre ?” lance-t-elle.

Non, mais comprendre la situation peut aider
Par exemple savez-vous que certaines bactéries s’attaquent au système nerveux des souris et inhibent leur sens du danger ?”

Non, je n’ai pas encore rencontré ces bactéries, je n’ai pas de chat non plus à vrai dire, quand aux souris, je les mange en brochette”

Il continu imperturbable :
Ces rongeurs prennent alors davantage de risques et se font attraper par les chats.
C’est le but recherché par la bactérie : Atteindre le système digestif des chats !


Le cycle est bouclé lorsque d’autres souris consomment les excréments
.”

Xitor survit dans le local technique de climatisation de l’entrepôt.
Des bouteilles d’eau minérale et de la nourriture sont entassées dans un coin ainsi qu’un laboratoire improvisé de chimie.

Elle aperçoit une télé posée sur une palette de haricots ainsi que des cages remplies de souris, une autre contient un chat qui semble dormir

Je peux boire de votre eau ?

Il hésite.
Ecoutez, je veux bien vous aider, mais il va falloir coopérer en retour. C’est quoi votre nom ?”

“Scarlett, Scarlett Decay.
Quel est le rapport entre les souris et les zombies ?”

“Suivez-moi Scarlett”

Il l’emmène sur la terrasse attenante. C’est le toit de l’entrepôt. Dans un grand geste circulaire il désigne le paysage dévasté.

“Voyez-vous, tout ceci est le résultat d’une bactérie.
Pas un virus mais une bactérie, ce qui est pire !”

Pour moi c’est juste des microbes

Et pourquoi une bactérie c’est pire ?” demande-t-elle en contemplant la zone industrielle désolée.

“Parce que cette bactérie pourrait être à l’origine du contrôle du cerveau humain.”

Au fond on est des souris quoi…

“Oui, cette bactérie a besoin de contrôler ce cerveau pour se déplacer, se répandre…

Scarlet se retourne et lui lance :

“Le jus noir que les Zombies crachent partout, c’est comme cela qu’ils répandent l’infection !”

“C’est possible.” répond Xitor comme pour lui même.

Scarlet se rapproche de lui…
“Ces souris, ce chat, êtes vous à l’origine de ces bactéries ?” lui demande-t-elle soupçonneuse.

“Non, mais je pense que le président Macrus Poutinov sous l’égide des gros groupes industriels est à l’origine d’un vaste plan de contrôle des masses.”


Scarlett répond, désabusée :

“Le peuple n’a pas attendu les bactéries pour se laisser manipuler le cerveau”

Sauvée par ses agresseurs

Où m’emmène ce canal ?

Scarlett dérive silencieusement sur la sombre rivière, le murmure de l’eau troublé par la péniche.
Les reflets pâles de la lune se faufilent à travers les nuages épais, offrant à peine assez de lumière pour distinguer les contours sombres du paysage environnant.

Comment piloter ce rafiot ?

Scarlett lutte pour démarrer le moteur de la péniche.
Elle descend dans la salle des machines, scrutant chaque composant avec anxiété.
Elle vérifie la cuve de carburant, ses doigts effleurent les différentes durites et câbles pour s’assurer de leur connexion, espérant découvrir une panne évidente.
Ses connaissances mécaniques rudimentaires lui permettent à peine de comprendre cet univers d’acier et de mécanismes complexes.

C’est quoi ce bruit ?

Soudain, un bruit sourd résonne dans la péniche, suivi de plusieurs bruits de pas précipités.
Elle se fige, ses sens en alerte, sa respiration se fait plus rapide.
Elle remonte prudemment les marches du pont, serrant son tuyau à pipe dans sa main moite.

Tiens, il fait déjà jour…


Arrivée sur le pont, l’aube arrive déjà, les premiers rayons de lumière révèlent un paysage industriel sinistre parsemé de hangars décrépis.
La scène qui se déploie explique le bruit de choc : la péniche est bloquée contre un quai.

Salut les jeunes !

Son regard se pose sur trois jeunes individus à l’apparence opulente, habillés de vêtements haute couture en dépit du monde effondré qui les entoure. Leur présence et leurs manières trahissent leur origine privilégiée. L’un d’entre eux possède même un badge avec la figure présidentielle.

Hé ! On se calme !

Les deux jeunes hommes, sont accompagnée d’une jeune fille arrogante. L’un des jeune homme braque un minuscule pistolet.
Scarlett évoque la possibilité de la survie en groupe, mais ils lui crient de se taire et de leur donner ses affaires.
On aime pas trop les sans-dents comme toi !” Lance celui qui porte un foulard en soie et des boucles d’oreilles diamant.

On joue aux pistolet puis on joue au cadavre.

Une lutte s’engage, un coup de feu tue le plus grand. Scarlett parvient à récupérer l’arme, un ridicule petit Derringer.
Elle saute et atterrit sur un quai de cette zone industrielle avant que le courant n’emporte à nouveau la péniche.

Bon, je dois me réfugier quelque part …

Scarlett est seule et vulnérable, son sac à dos, son bouclier de bras et son tuyau pour seuls compagnons.
La porte fermée devant elle est surmontée d’une enseigne alimentaire. L’espoir d’y trouver de l’eau et de la nourriture fait naître une lueur d’intérêt dans ses yeux cernés.
Elle saisit son tuyau et tente de forcer le cadenas, il résiste.

Soudain, des cris lointains émanent de la péniche.

Ils essayent de rameuter tous les Zombies du coin ou quoi ?

Le bateau a heurté un quai de l’autre côté du canal. Les jeunes voleurs se disputent.
Le quai bondé de marchandise semble étrangement en mouvement, comme s’il avait une volonté propre.

C’est pas le quai qui bouge ! C’est ce qu’il y a dessus !

Au loin, elle voit une foule compacte de morts-vivants qui se presse sur la péniche.
Les riches se battent et hurlent avant que leurs cris ne soient étouffés par une masse grouillante de zombies qui envahit l’embarcation.
Une sombre symphonie de grognements résonne sinistrement.

La violence appelle la violence…

Ces vermines lui ont involontairement sauvé la vie en lui volant la péniche. Sans leur intervention, elle aurait inéluctablement échoué sur ce quai sans aucun espoir de survie.

Elle à l’idée de commencer à créer des règles de survie comme dans le film Zombie-Land.

Cette bouche d’aération m’a l’AIR bien… Ha ha ha.

Scarlett continue de s’acharner sur la serrure en vain.
Elle remarque une aération au-dessus.
Déplaçant plusieurs palettes de bois, elle s’élève jusqu’à l’ouverture circulaire et se faufile entre les pales immobiles d’un imposant ventilateur.
Elle pénètre ainsi dans une étroite gaine qui donne sur une cheminée verticale, elle continue dans un embranchement vers l’intérieur pour aboutir devant une grille qui donne sur la vision dominante d’un entrepôt.

Quelle veine, j’ai raté ce comité d’accueil !

Elle contemple avec appréhension une dizaine de silhouettes tordues juste en face de la porte qu’elle tentait d’ouvrir.
C’est un piège mortel qui se dressait devant elle et si elle avait ouvert cette porte.

Dans ce monde, quand tu perds, tu gagnes…

Elle songe :
Je me fais volé la péniche, je survie
J’arrive pas à ouvrir la porte, je survie
C’est fou, il faut toujours prendre la deuxième option plus compliquée.
Ce sera ma première règle :

1) CHOISIS DE PERDRE POUR GAGNER

Une voix résonne alors dans le silence oppressant du conduit.
La gaine qui s’étend au-dessus d’elle forme un puits sombre s’élevant à la verticale.

“Hé, ne reste pas là,” lui intime-t-on avec précaution, “je vais te lancer un câble.”

Fuite sur le fleuve de sang

Je dois sauter ou mourir !

Scarlett, armée du tuyau en fonte se défend mais leur force surprenante l’oblige à sauter par la fenêtre. Elle atterrit sur le toit du garage et s’enfuit une fois de plus.

Elle réalise l’horreur de la situation :
Le virus se propage-t-il par voie aérienne ou par l’eau du robinet, comme celle de la citerne contaminée. ?

Ces Zombies me collent aux fesses !

Son répit est de courte durée. Une foule d’agonisants se dirige vers elle.
Épuisée, elle court mais se retrouve piégée au bord du fleuve.

Elle arrache un morceau de tôle et l’utilise comme bouclier pour se protéger afin de se frayer un chemin entre les créatures.

Des bateaux providentiels…

Elle aperçoit un groupe de bateaux à proximité et parvient à monter à bord d’une péniche.

Tandis que les zombies se massent sur le quai, elle lance un jerrican d’essence et l’allume.

Le feu se propage rapidement à d’autres bateaux, provoquant des explosions et engloutissant une péniche voisine.

Scarlett coupe les amarres. La péniche dérive sur le fleuve, laissant derrière elle les cadavres enflammés.

Encore ce journaliste…

Elle enclenche un générateur électrique, le moteur du bateau ne démarre pas mais une petite télévision s’allume.
Le même journaliste solitaire apparaît à l’écran, tenant la caméra, il a changé de décor et se tient dans une pièce étroite.

S’il y a encore quelqu’un… qui me regarde… écoutez-moi ! C’est… c’est la fin… Tout s’effondre… Les mensonges… toutes ces années…

Respiration saccadée

J’ai toujours été un pion… dans ce jeu… de désinformation. L’ancien monde… n’était qu’une illusion… Toutes ces nouvelles… manipulées… contrôlées…

Frisson de terreur

Mais maintenant… tout est différent… Les zombies… ils sont partout… Ils dévorent… ils infectent… La pandémie… c’est réel !

Silence anxieux

Je… je ne peux plus cacher… ma haine… pour l’humanité. Les mensonges… les secrets… tout était contrôlé… par le groupe Mochenausé… Ils détiennent… toutes les informations… Ils contrôlent tout…

Tremblement dans la voix

Si vous… si vous pouvez encore vous échapper… fuyez… Fuyez pendant qu’il en est encore temps… La vérité… elle est plus horrible… que vous ne pouvez l’imaginer…

Sanglots étouffés

Que le diable nous aide… Je prie pour… une fin rapide… pour ce cauchemar… Pour l’humanité… qui s’est perdue dans… la noirceur…

La communication s’interrompt brutalement

Christie ©2022 tous droits reservés

La maison abandonnée

Je vous achève ou quoi ?

Les signes d’agressivité de Françoise et Alfred se manifestent, laissant peu de doute sur leur transformation imminente.
Alfred lui lance :
Va t’en, vite !
Le cœur déchiré, elle s’éloigne rapidement.

C’est l’eau qu’ils ont bu ?

Son parcours la mène jusqu’à la citerne d’eau.
Est-ce la cause de la transformation de ses amis ?

Alors qu’elle atteint le sommet de la citerne, un dément émerge soudain d’une brèche dans le mur et l’attaque par surprise.

Un tuyau d’eau en fonte providentiel lui sert d’arme.
Elle tape sur le crâne du monstre qui tombe, mort pour de bon.
Cette confrontation lui révèle l’origine probable de cette contamination.
Ses amis ont bu l’eau de cette citerne tandis qu’elle buvait encore de l’eau du stock de bouteilles en plastique.

Et si je me réfugiait dans cette baraque…

Reprenant son souffle, Scarlet poursuit son chemin, aboutissant dans une maison abandonnée.

La télé, c’est dingue, j’avais oublié…

La télévision allumée continue de diffuser les paroles d’un journaliste solitaire :

Cet homme a le visage empreint de peur et de solitude, il fixe la caméra avec des yeux hantés.
Sa voix tremble légèrement alors qu’il se lance dans son récit.

“Quand le chaos a éclaté, lorsqu’ils se sont relevés, je me suis réfugié sur le plateau n°4.

Je pensais que c’était un endroit sûr, loin de l’horreur qui se déroulait à l’extérieur. Mais… mais je me suis trompé.”

Une lueur de terreur traverse les yeux du journaliste.

“J’ai vu mes collègues se transformer, devenir ces choses…”

Il serre les poings, luttant pour garder son calme.

“LES ZOMBIES !!
Car il faut lâcher ce mot que l’on croyait réservé aux films de série B.”

Les propriétaires sont aussi moisis que ce taudis !

Alors qu’elle se tient là, songeant à s’installer dans cette maison pour assurer sa survie, deux zombies entrent brusquement, leurs yeux vitreux fixés sur Scarlet.

Le commencement de l’apocalypse

Tu reprendras bien une catastrophe !

La survie de Scarlet Decay débute à mesure que le monde sombre dans le chaos.

Après le Brexit , l’ancien royaume Britannique s’effondre.


Rapidement le Brexit met fin aux grandes ambitions de cet ancienne puissance dans un monde ou la coopération est le seul moyen de survivre.

Pour Scarlett, c’est l’arrivée de l’intelligence artificielle qui assène le coup de grâce à sa carrière d’illustratrice.

Elle quitte l’Angleterre pour adopter la nationalité française et vit de petits boulots, mais elle tombe rapidement dans la pauvreté et se retrouve sans domicile fixe. Elle trouve refuge dans une vieille ruine en France avec Jim, Alfred et Françoise, trois compagnons marginaux avec qui elle survit grâce à la chasse, au vol et à la mendicité.

Ce mode de vie précaire la prépare à affronter l’apocalypse qui s’annonce.

C’est normal ce jus noir qui coule de ta bouche Jim ?

Cependant, l’horreur frappe lorsque Jim revient d’une corvée d’eau.

Sa transformation en créature défigurée et agressive bouleverse le groupe, mais il finit par chuter mortellement d’une structure en ruine.

Vous commencez à m’inquiéter les gars…

Scarlet est confrontée à un dilemme : Alfred et Françoise commencent à développer des symptômes similaires.

Scarlet doit décider que faire : les tuer pour abréger leur souffrance et prévenir cette étrange agressivité, ou fuir en abandonnant les réserves de nourriture essentielles.

Histoire de Scarlet DECAY

Scarlet Decay est une punk anglaise désabusée, elle survit dans un monde post-apocalyptique rempli de zombies. Elle se protège avec une armure sommaire au niveau des bras et utilise un Derringer comme arme à feu, ainsi qu’un tuyau en fonte pour les combats rapprochés. Malgré les défis constants, elle persévère dans sa quête de sécurité et rejoint une troupe de punks anglais en direction de la Bretagne pour trouver un refuge.

Histoire de Scarlet DECAY

Dans un monde dévasté par une pandémie et envahi par les zombies, Scarlet Decay, une artiste peintre désabusée, lutte pour sa survie.

Ayant quitté l’Angleterre bien avant la catastrophe du Brexit, elle avait déjà élu domicile dans des ruines, ce qui lui a conféré une avance cruciale dans l’art de la survie. Mais rien ne l’avait préparée à l’horreur qui allait suivre.
Scarlet, armée d’un morceau de tuyau en acier avec un coude à 90°, découvre que cet outil improvisé est efficace pour éclater la tête des zombies, un geste qui est devenu presque instinctif pour elle. Elle a développé plusieurs règles de survie strictes qui l’ont maintenue en vie jusqu’à présent. Pour elle, voyager léger est essentiel, ce qui signifie abandonner tout fardeau inutile pour rester rapide et agile. Sa priorité est toujours de trouver de l’eau, consciente de son importance cruciale pour la survie. De plus, Scarlet est convaincue qu’un bon tuyau de plomberie vaut mieux qu’un fusil à pompe, car il est plus silencieux et ne nécessite pas de munitions rares.

Avant l’apocalypse, Scarlet était une artiste peintre, mais la montée de l’intelligence artificielle avait rendu sa profession obsolète, la laissant sans but ni moyen de subsistance. Elle avait déjà acquis une expérience de vie dans les ruines, ce qui lui a permis de mieux anticiper les dangers et de se frayer un chemin à travers les hordes de zombies.
La tragédie a frappé lorsque Scarlet a vu ses anciens compagnons devenir des zombies après avoir bu de l’eau contaminée par un cadavre infecté. Témoin de l’arrivée des hélicoptères de l’armée larguant des tracts, Scarlet a suivi ces signes d’espoir.
Les tracts annonçaient que les îles du Golfe du Morbihan étaient des camps de refuge pour les familles des personnes rejoignant les troupes restantes. Elle a observé avec impuissance les hélicoptères de plus en plus espacés, signe que les opérations de sauvetage touchaient à leur fin.

Déterminée à être repérée, Scarlet a rejoint d’autres survivants qui utilisaient des messages sur les toits des maisons abandonnées et des incendies volontaires pour attirer l’attention de l’armée. Cependant, des rumeurs ont circulé selon lesquelles l’armée n’acceptait que ceux ayant des compétences spécifiques à offrir. Certains ont menti sur leurs capacités pour sauver leurs familles. Elle n’a pas aimé non plus l’attitude de certain militaire et a flairé un piège. Elle s’est alors échappée de justesse.

C’est à ce moment-là que Scarlet croise le chemin d’une troupe de punk anglais partageant son désenchantement face à l’état du monde. Ensemble, ils forment une famille improbable de marginaux cherchant à survivre et à trouver un refuge dans un Sud mythique, un endroit où ils pourront échapper à l’emprise des ordres et vivre leurs derniers instants sans regrets.
Alors qu’ils progressent vers le Sud, chaque étape de leur périple est marquée par des horreurs et des défis