Sauvée par ses agresseurs

Où m’emmène ce canal ?

Scarlett dérive silencieusement sur la sombre rivière, le murmure de l’eau troublé par la péniche.
Les reflets pâles de la lune se faufilent à travers les nuages épais, offrant à peine assez de lumière pour distinguer les contours sombres du paysage environnant.

Comment piloter ce rafiot ?

Scarlett lutte pour démarrer le moteur de la péniche.
Elle descend dans la salle des machines, scrutant chaque composant avec anxiété.
Elle vérifie la cuve de carburant, ses doigts effleurent les différentes durites et câbles pour s’assurer de leur connexion, espérant découvrir une panne évidente.
Ses connaissances mécaniques rudimentaires lui permettent à peine de comprendre cet univers d’acier et de mécanismes complexes.

C’est quoi ce bruit ?

Soudain, un bruit sourd résonne dans la péniche, suivi de plusieurs bruits de pas précipités.
Elle se fige, ses sens en alerte, sa respiration se fait plus rapide.
Elle remonte prudemment les marches du pont, serrant son tuyau à pipe dans sa main moite.

Tiens, il fait déjà jour…


Arrivée sur le pont, l’aube arrive déjà, les premiers rayons de lumière révèlent un paysage industriel sinistre parsemé de hangars décrépis.
La scène qui se déploie explique le bruit de choc : la péniche est bloquée contre un quai.

Salut les jeunes !

Son regard se pose sur trois jeunes individus à l’apparence opulente, habillés de vêtements haute couture en dépit du monde effondré qui les entoure. Leur présence et leurs manières trahissent leur origine privilégiée. L’un d’entre eux possède même un badge avec la figure présidentielle.

Hé ! On se calme !

Les deux jeunes hommes, sont accompagnée d’une jeune fille arrogante. L’un des jeune homme braque un minuscule pistolet.
Scarlett évoque la possibilité de la survie en groupe, mais ils lui crient de se taire et de leur donner ses affaires.
On aime pas trop les sans-dents comme toi !” Lance celui qui porte un foulard en soie et des boucles d’oreilles diamant.

On joue aux pistolet puis on joue au cadavre.

Une lutte s’engage, un coup de feu tue le plus grand. Scarlett parvient à récupérer l’arme, un ridicule petit Derringer.
Elle saute et atterrit sur un quai de cette zone industrielle avant que le courant n’emporte à nouveau la péniche.

Bon, je dois me réfugier quelque part …

Scarlett est seule et vulnérable, son sac à dos, son bouclier de bras et son tuyau pour seuls compagnons.
La porte fermée devant elle est surmontée d’une enseigne alimentaire. L’espoir d’y trouver de l’eau et de la nourriture fait naître une lueur d’intérêt dans ses yeux cernés.
Elle saisit son tuyau et tente de forcer le cadenas, il résiste.

Soudain, des cris lointains émanent de la péniche.

Ils essayent de rameuter tous les Zombies du coin ou quoi ?

Le bateau a heurté un quai de l’autre côté du canal. Les jeunes voleurs se disputent.
Le quai bondé de marchandise semble étrangement en mouvement, comme s’il avait une volonté propre.

C’est pas le quai qui bouge ! C’est ce qu’il y a dessus !

Au loin, elle voit une foule compacte de morts-vivants qui se presse sur la péniche.
Les riches se battent et hurlent avant que leurs cris ne soient étouffés par une masse grouillante de zombies qui envahit l’embarcation.
Une sombre symphonie de grognements résonne sinistrement.

La violence appelle la violence…

Ces vermines lui ont involontairement sauvé la vie en lui volant la péniche. Sans leur intervention, elle aurait inéluctablement échoué sur ce quai sans aucun espoir de survie.

Elle à l’idée de commencer à créer des règles de survie comme dans le film Zombie-Land.

Cette bouche d’aération m’a l’AIR bien… Ha ha ha.

Scarlett continue de s’acharner sur la serrure en vain.
Elle remarque une aération au-dessus.
Déplaçant plusieurs palettes de bois, elle s’élève jusqu’à l’ouverture circulaire et se faufile entre les pales immobiles d’un imposant ventilateur.
Elle pénètre ainsi dans une étroite gaine qui donne sur une cheminée verticale, elle continue dans un embranchement vers l’intérieur pour aboutir devant une grille qui donne sur la vision dominante d’un entrepôt.

Quelle veine, j’ai raté ce comité d’accueil !

Elle contemple avec appréhension une dizaine de silhouettes tordues juste en face de la porte qu’elle tentait d’ouvrir.
C’est un piège mortel qui se dressait devant elle et si elle avait ouvert cette porte.

Dans ce monde, quand tu perds, tu gagnes…

Elle songe :
Je me fais volé la péniche, je survie
J’arrive pas à ouvrir la porte, je survie
C’est fou, il faut toujours prendre la deuxième option plus compliquée.
Ce sera ma première règle :

1) CHOISIS DE PERDRE POUR GAGNER

Une voix résonne alors dans le silence oppressant du conduit.
La gaine qui s’étend au-dessus d’elle forme un puits sombre s’élevant à la verticale.

“Hé, ne reste pas là,” lui intime-t-on avec précaution, “je vais te lancer un câble.”

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