Je n’aime pas les escaliers en métal
Scarlett avance prudemment sur la poutrelle métallique, atteignant finalement le toit d’un imposant bâtiment.
Elle force silencieusement une petite porte dissimulée dans un coin. À travers cette ouverture, un escalier en colimaçon se révèle à elle. La lumière filtrée pénètre timidement par les grilles de ventilation éparpillées le long des marches, créant des zones d’ombre mystérieuses dans cette structure abandonnée.

Elle descend les escaliers en essayant de réduire le grincement des marches sous son poids. Lorsqu’elle atteint le bas, elle pousse une autre porte, qui s’ouvre sur un vaste gymnase couvert. La lumière tamisée tombe des grandes baies vitrées inaccessibles, projetant des rayons vacillants dans cet espace montrant une lutte sans merci. Des tapis d’entraînement jonchés de traces noirâtres et des équipements de gymnastique renversés témoignent de cette affolement.

La survivante traverse silencieusement la salle et franchit une autre porte, pénétrant ainsi dans une pièce adjacente. Au centre de la salle, une équipe de basket-ball est figée dans une posture de sommeil, comme des statues de marbre. Elle sent une légère brise provenant des interstices des fenêtres brisées, faisant virevolter quelques feuilles mortes sur le sol. Elle ne dit rien et recule lentement.
Soudain une feuille morte craque sous ses pieds. Les visages livides couvert de moisissure se tournent vers elle.
Elle bondit par une ouverture et se retrouve à nouveau confrontée à la réalité de la zone industrielle dévastée. Les basketteurs zombies, attirés par son intrusion la poursuivre avec une rage étonnante.
Dans un bruit pétaradant, de l’angle de la rue surgit une moto rugissante avec puissance. Son conducteur est un homme arborant un tatouage audacieux sur son visage, et sa tenue punk agrémentée de piercings rappelle l’esprit des rebelles britanniques des années 80.
D’un geste assuré, il tend la main à Scarlett, lui offrant une issue d’évasion. Sans hésiter, elle saisit sa main et monte à l’arrière de la moto. Alors que le moteur vrombit, ils s’élancent, échappant de justesse aux basketteurs zombies, qui s’estompent rapidement dans le rétroviseur, témoins impuissants de leur fuite.

Ils roulent à travers la zone industrielle dévastée. Le paysage qui s’étend devant eux est un spectacle déchirant. Les bâtiments autrefois prospères sont désormais réduits à des carcasses calcinées, dégageant une aura d’abandon et de désolation. Les rues autrefois animées sont maintenant jonchées de débris et de décombres. Les panneaux publicitaires déchirés témoignent d’une époque révolue, alors que les flammes continuent de lécher les structures en ruine.
Les zombies hagards errent sans but dans les rues, leurs regards vitreux et leur démarche saccadée témoignant de la malédiction qui les a transformés. Leurs membres décharnés se balancent dans une danse macabre, cherchant sans relâche leur prochaine proie. Leurs lamentations inhumaines résonnent dans l’air, couvert par le bruit de la moto filant à toute allure.
Les incendies font rage dans certains secteurs, projetant des colonnes de fumée noire qui se mêlent aux nuages sombres qui planent au-dessus.

Dans ce paysage apocalyptique, des groupes de survivants tentent de fuir le chaos. Leurs visages marqués par la fatigue et la peur témoignent des horreurs qu’ils ont traversées. Certains portent des sacs chargés de biens essentiels, d’autres se tiennent la main, cherchant un semblant de réconfort et de solidarité dans cet océan de destruction. Ils regardent la moto avec curiosité et espoir mais le motard continue sa route, évitant tous les débris et les cadavres.
Les cris lointains et les échos de combats sporadiques se font entendre, signe que des conflits éclatent entre les groupes désespérés qui luttent pour leur survie. La tension est palpable dans l’air, et l’odeur de la mort flotte à peine couverte par les gaz d’échappement.
Le paysage se transforme peu à peu, laissant place à une atmosphère plus paisible et bucolique. Quelques fermes isolées parsèment la campagne, témoignant de la vie passé. Ils empruntent des petites routes sinueuses et des chemins vicinaux, évitant soigneusement les zones plus denses où les horreurs les rattraperaient.
Lorsqu’ils parviennent au sommet d’une colline, Scarlett jette un regard en arrière et aperçoit au loin la zone industrielle qu’ils viennent de quitter, une vision chaotique de bâtiments en flammes et de dévastation. Le ciel au-dessus est assombri par d’imposants nuages noirs, présageant des orages imminents, comme si la colère de la nature elle-même reflétait la désolation qui règne sur terre.
Le punk anglais enlève lentement son casque, révélant un visage marqué par les épreuves et les cicatrices. Son regard vitreux et lointain traduit une lassitude profonde, comme s’il avait contemplé trop d’horreurs dans ce monde déchu. Son visage est orné d’un tatouage réaliste, qui semble délibérément dissimuler une brûlure ou une malformation. Les traits sombres tracés avec précision témoignent de son désir de masquer une partie de son passé tourmenté.
Les yeux fatigués du punk scrutent l’horizon dévasté, comme s’il cherchait désespérément un signe d’espoir au milieu de cette désolation. Les souvenirs de douleur et de perte se reflètent dans ses prunelles, tandis qu’il se prépare à partager son chemin avec Scarlett.


“Ben voilà, t’es sauvée, évite les villes”, déclare-t-il d’une voix rauque, empreinte d’une amertume perceptible. Il exprime une inquiétude sincère, lui dressant un rapide bilan de la dangerosité des zones urbaines où la menace des zombies et des autres survivants désespérés est omniprésente.
Lorsque Scarlett lui demande où il se dirige, le punk anglais laisse échapper un soupire las, comme s’il portait le poids du monde sur ses épaules fatiguées.
« Je vais rejoindre mon groupe, on est une bande de Punks anglais », explique-t-il d’une voix chargée d’une certaine nostalgie.
« On survit, mais on a dans l’idée de rejoindre le sud. Pour le moment, on se dirige vers la Bretagne à moto. Mais bientôt, il va falloir marcher. Je cherchais de l’essence. J’ai trouvé que ce jerrican à moitié vide. »
Scarlett partage son récit avec le punk, décrivant les épreuves qu’elle a endurées et les pertes qu’elle a subies. Son histoire résonne avec une mélancolie partagée, car ils ont tous deux été ébranlés par un monde qui a sombré rapidement dans le chaos et la désolation.
Face à cette rencontre inattendue, l’homme qui se présente comme Ben demande à Scarlett si elle souhaite les accompagner. Son regard, empreint d’une profonde empathie, montre qu’il comprend la solitude et la vulnérabilité que peut engendrer cette existence solitaire. Scarlett saisit cette opportunité de trouver un semblant de sécurité et d’espoir en compagnie de ce groupe de survivants.
Dans cet instant de décision, Scarlett accepte l’offre de Ben, consciente que leur alliance est une lueur d’espoir dans ce monde en ruines. Ensemble, ils s’engagent sur cette route incertaine, cherchant un avenir meilleur au-delà des frontières de la désolation.
